Forces et faiblesses

Contrairement à la pensée dichotomique très occidentale, le bien s’opposant au mal, le noir au blanc, les conceptions philosophiques qui sous-tendent le projet sont plus orientales, systémiques, globalisantes, souples et adaptables.

Nos faiblesses sont nos atouts, nos forces sont nos risques

L’association est totalement libre et indépendante de tout pouvoir, tout en s’inscrivant bien évidemment dans le cadre légal avec ses contraintes en constante évolution. Cette indépendance se situe à deux niveaux, le politique et le territorial.

Le premier aspect de neutralité implique qu’on n’a peu d’appuis d’élus influents, sauf peut-être de ceux qui sont plus intelligents que partisans et de ceux pour qui la réelle défense de l’intérêt général prime sur l’ambition, la quête de mandats, voire pire, la recherche des avantages liés à la fonction.

Là encore c’est un point faible sur deux aspects. Le premier tient à la caractéristique intrinsèque du projet qui, même si il répond à des aspirations collectives, n’est pas encore porté par un groupement à finalité politique, voire l’émanation d’un mouvement citoyen d’une certaine ampleur. Née de prises de conscience individuelles avant-gardistes qui se sont regroupées, l’association est imitée, récupérée par divers opportunismes qui veulent en tirer profit mais peu soutenue. Elle peine à trouver des fortes personnalités militantes qui pourraient en assurer la gouvernance et porter vraiment le projet sur la place publique.

Le deuxième aspect plus trivial se situe au niveau des financements justement d’origine publique, gérés par les élus sur propositions citoyennes ou techniciennes. Sans aller jusqu’à penser aux dérives clientélistes, force est de constater que d’être gris ou inféodé ne plait ni aux blancs, ni aux noirs, dérange ou ne séduit pas les puissants.

Toutefois, quelle que soit la direction du vent, surtout quand il tourne ou qu’arrive la tempête, la barcasse essaie de maintenir son cap. C’est la différence entre les girouettes et les marins qui les utilisent.

Mais c’est surtout au niveau de la territorialité que l’association IDeal Acte affirme sa singularité. L’Embrunais-Savinois ne peut plus dépendre ni de Gap, ni de Briançon et encore moins de Barcelonette pour ce qui concerne son développement économique et social. Du fait de la quasi « mono-activité » touristique, les bassins de vie et d’emploi ne correspondent absolument pas aux strates du mille-feuille administratif actuel. Bien qu’on ne dispose toujours pas d’études sérieuses sur la question, ces derniers sont différents en été et en hiver. Dans le premier cas, l’aspect aquatique des torrents et du lac rapprochent l’Ubaye et l’Embrunais-Savinois tandis que la neige et son exploitation rapprochent le Guillestrois-Queyras de l’Embrunais. C’est certes une perception subjective qui demande à être confirmée par les faits et les chiffres.

C’est pourquoi l’association IDeal Acte reste rétive à se laisser emprisonner dans des carcans bien trop limitatifs. Elle noue des partenariats aussi bien avec le Briançonnais et les Ecrins qu’avec le Pays Sud ou l’Embrunais-Savinois. Dans ce domaine elle défend une véritable conception anti jacobine et libérale du développement économique et social car c’est nécessaire sur ce territoire. Si l’urbanisation, certes excessive, continue à s’y accroitre, l’Embrunais pourrait devenir aussi gros que le Briançonnais et il a déjà supplanté Barcelonette, fortement sous influence gapençaise plus que dignoise.

La concurrence des structures qui dépendent statutairement d’une aire géographique de coopération intercommunale est une plaie pour l’association car elles captent l’essentiel des missions et des financements qui les permettent. Pour avoir des subventions ou des locaux en Embrunais, il faut y avoir son siège siège social et c’est pareil pour le Guillestrois ou le Briançonnais. C’est une vision totalement archaïque, d’autant que certaines associations ne sont absolument pas contraintes à ces règles pour des raisons obscures. Il est de plus presque plus facile de mettre en place des coopérations portées par le monde associatif entre l’Italie et le Briançonnais qu’entre ce dernier et le Pays des Ecrins qui appartient pourtant par choix à un même grande entité. Si la décentralisation est certainement positive pour la gestion locale, elle a remis dans certaine têtes des limites territoriales dignes du moyen-âge où il fallait payer pour franchir les ponts de Savines ou de Saint-Clément.